Bénie soit Sixtine, Maylis Adhémar
Bonjour ! Je vous présente ce jour la quatrième lecture de ma liste défis, sur le 44ème thème de la liste : « Un livre conseillé par votre libraire », en l’occurrence, l’excellente librairie « La Traversée » à Verviers, que je vous conseille vivement si vous êtes dans la région ! Une petite bulle de bien-être animée par des personnes passionnées.
Sixtine, appelée ainsi parce qu’elle est la sixième enfant de sa famille, rencontre Pierre-Louis en avril 2012 lors du mariage d’amis communs. Un mois plus tard, ils sont fiancés… et trois mois après, ils se marient. Parce que cela fonctionne ainsi, dans ce milieu fermé des Frères de la Croix, dissidence catholique traditionnaliste fondée par le frère André, en opposition au Concile de Vatican II et tout ce qu’il a pu apporter comme modernisme à l’Eglise.
Chez les Frères de
la Croix, on s’épouse entre soi, on a des enfants, beaucoup d’enfants, pour augmenter
le nombre de petits croisés et ainsi suivre le commandement de la Genèse qui dit
« Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la ! ».
Après le mariage
viennent donc la nuit de noces, la grossesse, et les difficultés… et le début,
pour Sixtine, des questionnements…
Sans trop dévoiler
de la suite de l’histoire, celle-ci raconte le cheminement de Sixtine, ballotée
entre ses ressentis, ses racines et sa foi, qui résonnent de plus en plus de
manière différente. En gardant toujours ce lien avec Dieu, Jésus et Marie, Sixtine
s’interroge, questionne ses convictions en termes de foi et d’humanité, et
évolue.
J’ai plongé très
rapidement dans cette histoire dont la première partie pourrait sembler exagérée
s’il n’était aussi évident que le parallèle pouvait aisément être fait entre le
frère André et Monseigneur Lefebvre. Les messes en latin, le rejet avec bannissement
vers l’enfer de tout ce qui n’est pas la foi telle qu’ils la conçoivent, la conception
traditionnelle de la famille dans laquelle la femme est là pour enfanter et
élever les nombreux enfants dans cette même foi, les positions et discours assumés
d’extrême droite... toute cette toile intégriste est extrêmement bien rendue
dans le roman.
En ce qui concerne
la seconde partie du roman, peut-être que certains penseront que le trait est
parfois trop forcé… et en même temps, je pense que, Sixtine ayant grandi en
vase clos et en-dehors de la réalité, sa naïveté et ses préjugés sont tout à
fait vraisemblables.
Suivre Sixtine
tout au long de son cheminement dans ses doutes, ses découvertes, son éveil au
monde et à l’autre, tout en gardant sa foi qui en même temps évolue, a été
émouvant, et j’ai passé un très bon moment de lecture.
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